Secrets de village

Village de Saint-Béat-Lez

# culture# histoire# secrets# village

Surprenant – Nature – Intéressant – Insolite – Histoire – Drôle

Connaissez-vous le joli petit village de…

Saint-Béat-Lez ?

Saint-Béat-Lez / Le transport des marbres et du bois

Les Archives départementales des Yvelines conservent un document tout aussi spectaculaire que peu connu, une dizaine de longues et belles cartes du XVIIIe siècle, dessinées et mises en couleur, représentant la Garonne, depuis sa source jusqu’à Bordeaux. Ces cartes du Cours de la Garonne, dressées entre 1716 et 1720, concoururent à l’une des opérations les plus spectaculaires de la mise en scène somptuaire du pouvoir royal : faire efficacement flotter les marbres pyrénéens jusqu’à Versailles.

En effet, devenu indispensable aux fastes de Versailles, le marbre des Pyrénées et notamment celui de Saint-Béat doit arriver facilement et sans encombre jusqu’au roi. De plus Colbert a besoin de bois pour la Marine et il choisit les Pyrénées pour en extraire un maximum. La Garonne est la réponse à tout !

L’ordre est clair et il faut s’organiser. Pierre de Lassus est nommé contrôleur des marbres des Pyrénées et demeurera à Montrèjeau, port fluvial à la jonction entre la Neste et la Garonne. Le périple des radeliers les menait ensuite jusqu’à Bordeaux.

Mais l’organisation reste difficile, en raison surtout de la méconnaissance des lieux et des difficultés qui s’y trouvent. En 1716, on envoie le meilleur cartographe du pays : Hyppolite Matis, géographe du roi afin de localiser et estimer les problèmes qui se posent sur la Garonne.

Fin 1719, Matis fut payé 1 300 livres « pour ses journées de dessinateur et fournitures de bois, chandelle, papier, plume, couleurs et pinceaux employés pour faire les cartes, plans et dessins des carrières de marbre des Pyrénées et du cours de la rivière de la Garonne, de la Neste et pour la navigation des voitures des marbres du Roi »

La reprise des chemins et la rectification des cours, d’après ses instructions, furent faites peu à peu, avec le concours des radeliers et des carriers, notamment pour « nettoyer et réparer » les rives ou faire sauter les roches gênantes dans le lit ou sur les abords de la rivière de Neste et du fleuve Garonne, ce qui augmenta la sécurité mais permit aussi d’augmenter la capacité des radeaux et du prix des grumes

 

Carte saint beat

 

 

VILLE ET CARRIÈRE DE SAINT-BÉAT, détail de la carte des sites marbriers pyrénéens ; H. Matis, 1719. A.D. Yvelines, A 404.

Source : Pour mieux faire flotter les marbres : « les cartes du cours de la Garonne» dressées en 1716-1720 par Hyppolite Matis, géographe du roi / Pascal JULIEN

Amélie, le 15 avril 2021
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